10 juillet 2026 : soutenance de thèse Anissa ZAIDI

Perception des discriminations dans le soin chez les populations exilées

Anissa ZAIDI

🔬 Le sujet : Cette thèse porte sur la perception des discriminations dans le soin chez les populations exilées, à partir d’une enquête qualitative menée auprès de personnes migrantes, réfugiées ou demandeuses d’asile. Elle montre que l’expérience de soin ne dépend pas seulement de l’état de santé, mais aussi du parcours migratoire, des conditions d’accueil, de la langue, du statut administratif et des représentations sociales associées aux personnes exilées.

L’auteure rappelle d’abord que les populations exilées sont souvent confrontées à une accumulation de vulnérabilités : violences subies avant, pendant et après le départ, traumatismes psychiques, précarité matérielle, obstacles administratifs et difficultés d’accès aux soins. La migration n’est pas présentée comme la cause des inégalités de santé, mais comme un facteur qui les accentue fortement. Le texte insiste aussi sur le rôle des politiques migratoires françaises et européennes, qui peuvent prolonger l’incertitude, retarder les diagnostics et compliquer la prise en charge médicale.

La recherche repose sur des entretiens semi-directifs et une analyse thématique. Les résultats montrent que la discrimination dans le soin est rarement perçue uniquement comme un refus explicite. Elle prend souvent des formes plus diffuses : accueil jugé brusque, manque d’écoute, incompréhensions liées à la langue, délais trop longs, difficulté à obtenir un rendez-vous, ou impression d’être moins légitime dans le système de santé. La barrière linguistique apparaît comme un facteur central, car l’absence d’interprétariat professionnel fragilise la relation thérapeutique et peut transformer la consultation en expérience de mise à distance.

L’étude souligne aussi que les perceptions varient selon les trajectoires et les contextes d’installation. Certains participants expriment une grande satisfaction, en particulier lorsqu’ils bénéficient d’un accompagnement institutionnel solide, d’un logement et d’un accès rapide aux droits. D’autres vivent au contraire un sentiment d’exclusion, surtout lorsqu’ils sont isolés, allophones ou en situation administrative instable.

En conclusion, la thèse montre que l’inégalité de soin chez les exilés résulte de l’interaction entre facteurs individuels, relationnels et institutionnels. Elle défend plusieurs pistes d’amélioration : renforcer l’interprétariat, simplifier les démarches administratives, former les professionnels aux biais implicites et aux enjeux interculturels, et développer une approche plus humaine et plus hospitalière du soin. Le message central est qu’accueillir et soigner une personne exilée suppose de reconnaître son histoire, sa vulnérabilité et sa dignité, et pas seulement sa pathologie.

Composition du jury :
Rapporteurs :  Jérôme FOUCAUD (HDR, Directeur de la Santé publique ARS Île-de-France) / Denis LOIZON (Maitre de Conférences HDR, Université de Bourgogne Europe)
Membres : Florence CARROUEL ( PU, UFR Odontologie, UCBL 1) / Dominique BERGER (professeur émérite des universités, UCBL 1) / Line NUMA-BOCAGE (Professeure des Universités, Cergy-Paris Université)
Membres invités 
Emily DARLINGTON (MCF Sciences de l’éducation et de la formation, HDR, UCBL1)/ Stéphane PFISTER (Directeur de projet, Directeur Innovation, Développement, Coordination, Entraide Pierre Valdo)/ Jean-Claude ROCHIGNEUX ( Docteur de l’université d’Auvergne) 

Directeurs de thèse : Sameh HRAIRI (MCF,  Sciences de l’éducation et de la formation, HDR, P2S, UCBL1)

📅 Informations pratiques :

Date : Vendredi 10 juillet  2026
Heure : 14h
Lieu : Salle des thèses, Salle des robes, Université Claude Bernard Lyon 1 – Campus Rockefeller 

8 Av. Rockefeller, 69008 Lyon

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